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Test Final Fantasy XIII-2

Test Final Fantasy XIII-2

zoom publié le 02/02/12

par yann

 

Dire que Final Fantasy XIII et sa narration dirigiste ont divisé les foules serait un doux euphémisme. Faute de pouvoir vraiment revenir en arrière, Square Enix a donc tendu l'oreille pour préparer consciencieusement l'avenir de cette suite, histoire de remettre les pendules à l'heure.

A l'image de Lightning, son inflexible héroïne, la treizième itération de Final Fantasy semblait droite dans ses bottes, sûre d'incarner une nouvelle vision pour la saga. Mais elle n'a pas forcément séduit tout le monde, telle une femme de caractère. Rien d'étonnant du coup à ce que sa petite soeur Serah, plus malléable, hérite cette fois du premier rôle. Voilà qui illustre parfaitement la démarche des développeurs. S'appuyant sur les critiques, Motomu Toriyama et Yoshinori Kitase ont décidé de polir certaines aspérités de FFXIII tout en comblant ses failles. Un travail entrepris avec tant d'application que l'on se demanderait presque si ce zèle dans l'écoute des fans ne nuît pas à la personnalité de leur oeuvre. En tout cas, Lightning se retrouve catapultée au second plan, dans le monde parallèle du Valhalla, où elle livre bataille face à un sombre chevalier nommé Caius. L'atmosphère épique qui se dégage de ce fascinant théâtre contraste avec les allures de village de vacances de Neo-Bodhum. Idem pour la transition entre les trop rares cinématiques − plus cristallines que jamais − et les cut-scenes réalisées avec le moteur graphique, car ce dernier a sensiblement vieilli. C'est également le cas de Serah, devenue institutrice dans ce petit havre de paix reconstruit par les troublions du NORA. Un horizon radieux qu'obscurcit brusquement l'arrivée de Noel. Notre héros dresse en effet un tableau particulièrement dramatique de l'avenir. Seules perspectives d'éclaircies dans ces cieux menaçants, l'espoir de changer le futur et de retrouver Lightning, que beaucoup croient définitivement disparue.

Petite soeur deviendra grande

Les rôles s'inversent donc par rapport à FFXIII, la plus fragile de nos deux soeurs partant à la rescousse de l'autre. Et de la même façon que Lightning s'adoucissait au fil de son épopée, Serah s'aguerrit pendant la sienne, aux allures très marquées de quête initiatique. Les monologues entre les chapitres reflètent ce surcroît de gravité dans le récit, Serah confessant ses états d'âmes et ses interrogations. Elle a toutefois gardé une certaine légèreté qui s'exprime à travers les dialogues, notamment ceux associés au système de "Libre choix" (alias "Live Trigger"). Il s'agit tout simplement de questions plus ou moins épineuses posées au détour d'une discussion. Parfois une seule réponse convient, de sorte que l'on bavarde en boucle jusqu'à sélectionner la bonne. Le reste du temps, la conversation se poursuit quelle que soit la réponse donnée, y compris les plus idiotes. Si l'on apprécie ces pointes de dérision et les réactions qu'elles suscitent parmi les personnages, gare aux plaisantins ! Certaines réponses s'avèrent meilleures que d'autres, car elles sont récompensées par des objets plus ou moins importants. On a cependant l'opportunité de réparer ces "erreurs" par la suite, et la portée de ces décisions s'arrête là, sans incidence ou presque sur le scénario global. Au fait que ces traits d'humour sonnent quelquefois faux s'ajoute par conséquent une approche narrative orientée vers le gameplay, plutôt que le sens. Il faut dire que les protagonistes, aussi complexes qu'on veuille leur en donner l'air, sont embarqués dans un périple assez nébuleux qui rappelle dans une certaine mesure les opus de Dissidia.

Dissidence temporelle

D'un côté les motivations sont claires, mais les démarches tarabiscotées ─ dans l'optique de croiser un maximum de vieilles connaissances, tandis que de l'autre on veille consciencieusement à entretenir le mystère. Ces similitudes avec Dissidia et tout particulièrement Duodecim se manifestent dans l'intégration des failles temporelles. Elle sont matérialisées par différents puzzles tombés de nulle part sur la carte, et dont l'aspect ressemble furieusement aux damiers utilisés par Dissidia pour représenter ses champs de bataille. Evidemment, c'est le propre des distorsions temporelles d'adopter une forme bizarroïde, quitte à tendre vers l'abstraction. Néanmoins l'intérêt ludique de ces épreuves se révèle fort restreint, de même que leur implication scénaristique intrinsèque. Tout juste remplacent-elles les traditionnelles énigmes, nécessaires ou pas pour avancer. En réalité, le rythme de cette aventure suit les battement du "Coeur de l'Histoire". Une appellation à peine moins absconse que "l'Historia Crux" de la VO pour désigner sur quoi repose toute la structure de ce scénario. Accessible à tout moment en appuyant sur Start, cet endroit "hors du temps" se montre d'ailleurs très proche de la fameuse "fin des temps" de Chrono Trigger. Faut-il y voir un hommage, à l'instar des séquences de voyages temporels, incroyablement similaires d'une oeuvre à l'autre ? Une chose est sûre, ce menu joue également le rôle de HUB, puisqu'il est constitué de l'arborescence des lieux répartis selon les différentes époques, voire de versions alternatives d'une destination à la même période.

Droit au coeur

Autant l'usage du temps parait tiré par les cheveux avec les principes de Libre Choix et de faille temporelle, ceux-ci ne se résumant respectivement qu'à de simples quiz et digressions, autant le Coeur de l'Histoire s'inscrit harmonieusement dans cette thématique. Et aussi dans cette mécanique ! Elle fonctionne grâce aux portails temporels, qui permettent de voyager vers un lieu et une période déterminée. Encore faut-il les ouvrir en trouvant l'artefact qui leur correspond, ce qui signifie souvent résoudre le paradoxe temporel intervenu sur place. Pour ce faire, on retombe sur un cheminement plus classique, c'est à dire la traversée d'un périmètre relativement hostile jusqu'au Boss du coin. La force de ce concept réside dans son intégration scénaristique, car ces anomalies ont une importance fondamentale au sein de l'histoire et de son déroulement, une fois corrigées. Ensuite la seconde facette du Coeur de l'Histoire se dévoile à travers l'exploration de ce réseau spatiotemporel, par le biais de moult va et vient, en somme l'arme absolue contre la linéarité tant décriée de FFXIII "tout court". Certains endroits comportent en effet plusieurs portails, et la plupart recèlent divers fragments que l'on cherchera immanquablement à récupérer. Bien sûr les variations dimensionnelles d'une même destination justifient le recyclage intempestif d'environnements, d'ailleurs issus en nombre non négligeable de FFXIII, à la manière de FFX-2. Mais quel frisson lorsque l'on redécouvre un lieu sous un nouveau jour, ou une nouvelle nuit, selon l'époque. Surtout que ces modifications concernent également l'architecture, avec des passages que l'on ne peut emprunter que dans une déclinaison.

Eternel recommencement

Vous l'aurez deviné, les cartes présentent désormais des bifurcations. Si l'on y ajoute des zones nettement plus larges, on aurait tendance à penser que le syndrome du corridor de FFXIII a été vaincu. Pas complètement en fait, puisque ces voies se séparent pour mieux se rejoindre un peu plus loin, tandis que ces espaces restent hélas fermés par des barrières plus ou moins artificielles (ou carrément invisibles). Et l'introduction de sauts très automatisés ne change pas grand chose, à part quand on chevauche un Chocobo, ses toutes petites ailes aidant à atteindre des plateformes autrement inaccessibles. A défaut d'une réelle liberté de mouvement, l'univers de FFXIII-2 peut en revanche se targuer d'offrir davantage d'humanité. Je ne parle pas de Chocolina, cette insupportable marchande ambulante à plumes qui nous poursuit où que l'on aille, dans l'espoir de refourguer ses babioles (assez utiles quand même). Non, je fais référence à la prolifération exponentielle des PNJ, qui déambulent un peu partout, même au beau milieu des monstres. Beaucoup d'entre eux n'ont certes qu'une phrase ou deux à répéter inlassablement dès que l'on passe à proximité, mais quelques uns se font plus bavards. Ils sont surplombés par une petite bulle de "causette" bien en évidence, vu qu'il serait dommage de manquer leur quête optionnelle, et le fragment qui va avec. De toute façon, chaque épisode peut-être réinitialisé, de sorte que FFXIII-2 nous amène à les recommencer plusieurs fois (sans perdre ce qui a été acquis) et à multiplier les allers-retours. On a heureusement aucun mal à se motiver. D'abord les trésors en valent la peine. En outre, la conclusion sera différente suivant le seuil de finition et là encore, il y a de sacrées surprises à l'horizon. Enfin n'oublions pas la course à la puissance et la chasse aux bestioles !

Pro Active Time Battle

Alors que les ennemis étaient visibles mais quasiment inévitables dans FFXIII, ils n'apparaissent ici qu'au dernier moment, tout en laissant souvent le temps de les semer, à moins de se trouver en milieu confiné. L'horloge Mog incite fortement à lancer les hostilités le plus tôt possible, compte tenu de la perspective d'attaquer l'adversité par surprise (ou le contraire dans le cas d'une fuite ratée). On aurait donc tort de s'en priver, tant ces combats confortent leur statut de référence en la matière octroyé à FFXIII. Toujours ultra dynamiques, les joutes racées de FFXIII-2 s'étoffent d'une mise en scène encore plus décapante via les "Actions Cinématiques", même si l'on préfèrerait parfois admirer la séquence, plutôt que de se concentrer sur les commandes afin d'obtenir la récompense liée à une exécution parfaite. Dans le cas contraire, les personnages subissent des dommages qui iront rarement jusqu'au Game Over. Celui-ci ne survient d'ailleurs plus dès que le leader meurt, son compère a la possibilité de le ressusciter pour peu qu'il ne connaisse pas le même sort. L'avancée la plus tranchante des batailles se situe néanmoins dans le remplacement des Eidolons par des familiers. On n'y perd pas au change, dans la mesure où le renfort au demeurant très efficace des invocations restait trop ponctuel. Nos chers monstres eux soutiennent l'équipe en permanence, trois d'entre eux accompagnant nos héros dans l'arène. Ils apportent réellement une dimension stratégique supplémentaire, car au delà de leurs techniques spéciales, ces créatures ont toutes un rôle défini et viennent ainsi se greffer sur les changements de stratégies. Une belle démonstration de Gameplay réglé comme une horloge.

Conclusion
Difficile d'imaginer une démarche plus volontaire que celle adoptée par Square Enix à travers Final Fantasy XIII-2. Pour chaque grief invoqué par les fans, les développeurs ont trouvé une solution, comblant ainsi presque toute les lacunes de Final Fantasy XIII. Moins linéaire, plus ouvert, cet opus étale un univers d'une richesse étonnante, et ce sans éparpiller ses forces au passage. Au delà d'un étincelant système de combat, rendu encore plus tactique par le renfort des monstres, ces voyages du spatiotemporels dévoilent petit à petit une histoire poignante et complexe, fidèle à la dramaturgie de la saga. En somme, ce Final Fantasy s'impose comme une "Heroic Redemption".
Verdict : 9/10

- Le scénario bien ficelé
- Toujours la référence technologique en matière de RPG
- Le périple moins linéaire grâce voyages spatiotemporels
- Les quêtes optionnelles et les nombreuses activités annexes
- Le système de combats toujours détonnant...
- ... et plus encore avec le renfort stratégique des monstres

- Les choix sans conséquences lors des dialogues
- Le recyclage des environnements
- Les Combats Cinématiques un peu superflus

 

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